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Robert Hossein

Le testament spirituel de Robert Hossein : « Faire jaillir des sources d’amour au cœur de nos relations humaines »

En 2016, le journaliste et écrivain François Vayne publiait un livre d’entretiens avec l’acteur, réalisateur et metteur en scène (Je crois en l’homme parce que je crois en Dieu, Plon-Presses de la Renaissance). Alors que Robert Hossein vient de mourir à l’âge de 93 ans, il lui rend hommage pour La Vie.
François Vayne

Robert Hossein au théatre en 1983 • JOLYOT M/ANDIA.FR
« J’envisage la mort comme une belle rencontre, une fête où la nuit n’existera plus, où la nuit sera blanche parce qu’en plus de Vadim, de Barclay, de Gérard Philipe, et de tous les êtres rares qui me manquent terriblement, je verrai Dieu face à face, lui dont j’ai parlé si mal mais que j’ai tant cherché ! On est de passage et en toute chose il faut considérer la fin ! », me disait Robert Hossein, lors de nos entretiens sur la foi, publiés il y a quatre ans. Victime du coronavirus, le grand acteur, metteur en scène, réalisateur et scénariste, nous a quittés le dernier jour de cette terrible année 2020, marquée par une pandémie qui a semé la mort de dizaines de milliers de personnes. Alors que nous sommes encore soumis à des règles draconiennes de distanciation sociale, ce converti habité par le désir de Dieu et passionné de fraternité humaine nous laisserait-il un message pour 2021 ? J’en ai la conviction, ayant eu l’honneur d’être son ami et de recueillir ses ultimes confidences. De nos longs échanges, il ressort que sa conversion ressemblait à une « marche au long cours faite de chutes et de meurtrissures ». « De grâce, disait-il, ne parlez pas de conversion subite, je vais me mettre en colère, j’ai horreur de ceux qui font commerce de leur “conversion”, allant vendre leurs livres de conférence en conférence sous prétexte de témoigner… Je crois que Dieu agit en nous patiemment, dans le temps, à petits pas. »

« L’image du ballon qui s’élève parce qu’on lâche du lest me plaît bien : nous avons à nous alléger pour gagner en disponibilité aux autres et à l’œuvre divine. »
Tout commença pour lui avec un départ vécu comme une renaissance quand, à la quarantaine, il s’en alla créer un théâtre populaire à Reims, abandonnant derrière lui une vie de mondanités. Persuadé, comme Dostoïevski, que la beauté dans l’art sauvera le monde, il voulait mettre la culture à la portée de tous, pour qu’elle ouvre les cœurs. « Mes sept ans à Reims ont été une rupture avec la vie superficielle que j’avais auparavant à Paris. Croisant tous les jours le sourire de l’ange de la cathédrale, j’ai compris que Dieu croyait en moi, et même qu’il demeurait en moi ; j’ai goûté sa présence intérieure, je me suis mis à sa disposition », m’a-t-il raconté. Avec Candice, son épouse dont la profonde vie de foi le conduisit à demander le baptême à plus de 50 ans, en 1980, il a cheminé dans une perspective spirituelle, intensément. « L’image du ballon qui s’élève parce qu’on lâche du lest me plaît bien : nous avons à nous alléger pour gagner en disponibilité aux autres et à l’œuvre divine. Ainsi je me suis avancé vers le baptême, pour laisser le Christ me dépouiller de moi-même et me simplifier, prendre toute la place pour que je devienne pleinement un homme, fils de Dieu, comme lui. »

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